1/ DE LA MORT DE JACQUES DE MOLAY A LA FIN DES CAPETIENS lundi 10 août 2009 

Semblable aux martyrs qui célébraient les louanges de Dieu, Jacques de Molay chantait des hymnes alors que son corps était déjà la proie des flammes sur le bûcher de l’île aux juifs à PARIS le 18 mars 1314.

Un témoignage rapporte qu’on entendit le grand-maître s’écrier à l’adresse du pape et du roi :

«Je vous ajourne tous les deux, Pape et roi de France, à comparaître bientôt devant le tribunal céleste. Toi Clément dans les quarante jours ! Toi, Philippe avant la fin de l’année ! »

La mort du Roi et celle du pape n’ont pas manqué d’alimenter l’histoire de ces rendez-vous avec la mort. Une autre légende affirmera plus tard que le grand maître du Temple aurait ajouté :

« Maudits, maudits, vous serez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races !… ».

Clément V mourut de maladie un mois après l’exécution de Molay le 20 avril 1314, Guillaume de Nogaret, qui avait supervisé l’arrestation des Templiers mourut d’empoisonnement le 27 avril 1314, le favori du roi Enguerrand de Marigny le 30 avril 1315 et Philippe le Bel disparut quelques mois plus tard, le 29 novembre 1314, au cours d’une chasse au sanglier où il serait tombé de cheval.

Son premier fils, Louis X le Hutin monte alors sur le trône. Il meurt deux ans plus tard, à l’âge de 26 ans, d’une mauvaise fièvre. Son épouse, Clémence, est enceinte, Philippe le Long, frère de Louis, prend le titre de régent : Clémence accouche le 15 novembre 1316 d’un fils auquel on donna le nom de Jean 1er le Posthume  qui meurt cinq jours plus tard.

Philippe devient roi sous le nom de Philippe V, mais la contestation règne. Louis X avait eu de Marguerite, sa première femme, une fille, nommée Jeanne, héritière du royaume de Navarre. Le duc de Bourgogne, son oncle, prétend qu’elle doit hériter aussi du royaume de France. Depuis Hugues Capet c’est la première fois que la couronne cesse d’être transmise directement du père au fils, pour remonter du neveu à l’oncle. Cette contestation fut jugée dans une assemblée tenue à Paris, et l’on y approuva les anciens usages qui ont toujours eu force de loi, quoiqu’on n’en trouve le texte écrit nulle part, pas même dans la loi salique, qui ne contient pas un seul article relatif à la couronne. Philippe V régna six ans et mourut à 29 ans.

Le dernier fils de Philippe le Bel, Charles IV, monte sur le trône en 1322 avant de mourir lui aussi six ans plus tard. Il est âgé de 33 ans.
 
Ainsi, en l’espace de quatorze ans, les trois fils de Philippe le Bel montèrent sur le trône et disparurent sans laisser d’héritiers. La couronne passa à une branche collatérale, en la personne de Philippe de Valois, premier prince du sang ; mais comme la veuve du feu roi se trouvait enceinte, il ne prit que le titre de régent, jusqu’au jour où elle accoucha d’une fille. La loi salique, invoquée en 1316 par le second fils de Philippe le Bel pour s’emparer du trône, scellait en 1328 l’extinction de la dynastie capétienne.

S’agit-il d’une légende ou d’une vérité, il faut être prudent mais une chose est certaine, c’est ce qu’en a retenu l’opinion publique de ces époques troublées. Le moins que l’on puisse affirmer, c’est que l’église et la royauté n’en sont pas sorties grandies.

Nous sommes à l’aube de la guerre de 100 ans, le Royaume de France est en proie à la disette et aux épidémies dont la peste noire constitue le fer de lance.

FATALITE, HASARD OU MALEDICTION ?

2/ LA SURVIVANCE DE L’ORDRE DU TEMPLE – HYPOTHESES lundi 10 août 2009 

Jacques de Molay a-t-il pris des dispositions pour sauver les documents secrets et les trésors que détenaient les Templiers ? A-t-il voulu que l’Ordre du Temple lui survive ? Plusieurs hypothèses ont circulé dont les trois détaillées ci-dessous qui sont considérées comme les plus plausibles par les historiens :

          L’hypothèse Gérard de Villers 

En juin 1308, le templier Jean de Châlon, du Temple de Nemours, fait une déclaration devant le pape lui-même : la veille de l’arrestation de Jacques de Molay, un cortège comprenant trois chariots recouverts de paille et une cinquantaine de chevaux quittèrent le Temple de Paris sous la conduite de deux Templiers, Hugues de Chalons et Gérard de Villers, le précepteur de France. On peut imaginer que sur ordre du Grand Maître, ces chariots ont été chargés d’archives et d’or, les 50 chevaux étant destinés à remplacer ceux qui étaient épuisés lors d’un long voyage. Par ailleurs, suivant le même but, les navires de l’Ordre, la plus grande armada d’Occident qui mouillait à La Rochelle quittent le port, vers une destination inconnue, très probablement le nord de la France. Lorsque les troupes du roi arrivent à La Rochelle, la flotte a disparue. Les chariots sortis du Temple de Paris au soir du 12 octobre 1307 se sont sûrement dirigés vers le nord de la France pour charger leur cargaison sur les bateaux arrivés de La Rochelle, et disparaître à jamais. On n’a jamais su quelle était sa destination ni ce qu’elle était devenue, mais il est probable qu’une grande partie d’entre elle se dirigea vers les côtes ibériques. En effet, nombre de Templiers trouvèrent refuge en Espagne et surtout au Portugal où ils s’enrôlèrent dans l’Ordre des Chevaliers du Christ, spécialement créé pour eux par le roi Denis, en 1312.

          L’hypothèse Pierre d’Aumont

Malgré la  grande arrestation de 1307, quelques Templiers réussirent à se cacher en France. Pierre d’Aumont, ancien Grand Maître d’Auvergne, fut un de ceux-là. Il y resta jusqu’au dernier jour de Jacques de Molay. Peut-être était-ce une dernière volonté du Grand Maître, car au soir du 18 mars 1314, Pierre d’Aumont et huit autres chevaliers, déguisés en maçons, récupérèrent les cendres de Jacques de Molay, pointèrent leurs épées vers le bûcher en criant « MacBenach* ! » en jurant de venger leur Maître et de faire survivre l’Ordre du Temple. D’Aumont se serait alors rendu en Ecosse et, sur l’île de Mull, aurait été désigné comme nouveau grand-Maître de l’Ordre, le 24 juin 1315. Ce noyau de Templiers aidera le roi Robert Bruce de manière décisive dans sa lutte contre les Anglais et fut ensuite à l’origine de la constitution de la loge franc-maçonnique Heredom ou « Sainte Maison ».

* Cette expression vient de l’hébreu « Makbénach » qui signifie « la chair quitte les os ». Elle a été utilisée la première fois comme cri de ralliement par les compagnons de l’architecte Hiram – qui a construit le Temple de Salomon à Jérusalem – lorsqu’ils ont retrouvé le corps de leur Maître, sauvagement assassiné, et qu’ils ont juré de le venger. Depuis, à travers les siècles, ce cri des vengeurs d’Hiram est devenu le symbole de la lutte des peuples contre l’injustice des rois. Le rituel du meurtre d’Hiram, la quête de son corps par neuf ouvriers, son enterrement, constituaient déjà un temps fort de l’initiation des chevaliers Templiers, au Moyen Age, mais il a encore été amplifié par la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle, au point de perdurer jusqu’à nos jours.

          L’hypothèse Dante Alighieri

Du parti Guelfe, à l’origine, favorable au Pape, Dante rejoindra avec les Guelfes blancs le camp des Gibelins et de l’empereur Henri VII. Quand les Guelfes noirs prendront le pouvoir à Florence, en 1302, Dante sera condamné à mort. Il quittera sa ville qu’il ne reverra jamais. À partir de cette date, il séjournera dans diverses villes d’Italie du nord, notamment à Vérone, et effectuera plusieurs voyages en France où on retrouve sa trace à Paris en 1304, puis entre 1307 et 1310. Des historiens pensent que Dante a rencontré Jacques de Molay, juste avant son arrestation, en 1307. La raison de cette entrevue est inconnue mais il est probable que Jacques de Molay confia une mission ou des documents au poète italien. On sait que Dante a fait partie des Fidèles d’Amour, une confrérie secrète initiatique très proche des valeurs chevaleresques de l’Ordre du Temple, il est donc possible que Molay lui ait révélé une partie de ses secrets. Dante reviendra à Paris en 1314 pour assister à la mort du Grand Maître sur le bûcher. Dans sa célèbre trilogie « La Divine Comédie » (Enfer – Purgatoire – Paradis), il fait allusion à plusieurs reprises aux Templiers, à leur martyr et à leur possible résurgence.

D’autres hypothèses plus farfelues que l’on sait fausses, aujourd’hui, ont pourtant la vie dure dans l’imaginaire collectif : l’hypothèse Guichard de Beaujeu – qui aurait récupéré une partie du trésor des Templiers – est basée sur un document (dit Schiffman) qui est très controversé ; l’hypothèse Larménius – soi-disant désigné par Jacques de Molay pour lui succéder – est basée sur des documents retrouvés en 1804 par Bernard-Raymond Fabré-Palaprat, mais il a été prouvé depuis qu’ils étaient faux ; l’hypothèse Geoffroy de Gonneville – qui se serait échappé de sa prison et aurait perpétué l’Ordre – est une supercherie grossière créée par le gourou d’une secte aux intentions malsaines…

On ne saura sans doute jamais avec certitude quelles furent les dernières volontés de Jacques de Molay, ni ce qu’il donna et/ou ordonna à ses chevaliers et ses amis juste avant son arrestation, mais l’Histoire a prouvé que des Templiers se sont effectivement réfugiés au Portugal et en Ecosse après 1314, et il est avéré que les Fidèles d’Amour de Dante avaient de nombreux points communs avec les Templiers, notamment leur goût prononcé pour l’ésotérisme et l’hermétisme. Alors même si ces hypothèses ont parfois été teintées de légendes à travers le temps, et même si elles ont souvent été récupérées et déformées par des groupuscules sectaires peu recommandables, tout porte à croire qu’elles sont basées sur des faits historiques réels.

3/ DES CAPETIENS AUX CAPETIENS VALOIS dimanche 9 août 2009 

À la mort de Philippe le Bel, les rois de France sont confrontés aux difficultés de l’adaptation des institutions à la gestion d’un État moderne. Les Capétiens et les Capétiens-Valois cherchent à organiser un État efficace, ce qui suppose l’augmentation des ressources fiscales et l’entretien d’une armée régulière. Les famines, la Grande Peste et la Guerre de Cent Ans sont autant d’obstacles qui retardent les conditions de formation de cet État. Les famines qui apparaissent à intervalles réguliers dès 1315 font baisser les revenus seigneuriaux et ralentissent le grand commerce. La Grande Peste de 1348 cause le décès d’un tiers de la population française.

4/ LA GUERRE DE CENT ANS samedi 8 août 2009 

Phase 1 :

De 1337 à 1364, sous les règnes de Philippe VI et de Jean II, les Anglais enchaînent les victoires sur la chevalerie française. En 1356, les Etats Généraux convoqués à Paris après le désastre de Poitiers et la captivité de Jean II le Bon imposent au dauphin Charles , devenu régent, un strict contrôle de la monarchie sous la direction de l’évêque de Laon, Robert le Coq et du Prévost des Marchands, une sorte de maire de Paris, Etienne Marcel. Pendant deux ans, ils contrôlent la France du Nord. En février 1358, des émeutiers entrent même dans le Palais de la Cité et massacrent les proches conseillers du dauphin sous ses yeux. Ce dernier parvient à s’enfuir de Paris au mois d’avril et parvient à retrouver son pouvoir après l’assassinat d’Étienne Marcel, abandonné par la bourgeoisie parisienne. À la suite du traité de Brétigny de 1360, un tiers de la France est contrôlée par les Anglais.

Phase 2 :

De 1364 à 1380, Charles V entame une patiente reconquête du territoire en prenant soin d’éviter les batailles rangées qui ont été désastreuses durant la première phase du conflit. En 1375, Édouard III ne contrôle plus sur le continent que Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux, Bayonne, et quelques forteresses dans le Massif Central.

Phase 3 :

De 1380 à 1429, la minorité puis la folie de Charles VI ont pour conséquence une guerre civile. Le peuple parisien se révolte en 1382 contre les agents du fisc royal (révolte des Maillotins), puis en 1413 pour imposer un contrôle de l’administration royale (révolte cabochienne). La répression est très dure. Du coup après 1413, le peuple parisien ouvre ses portes au duc de Bourgogne, l’allié des Anglais. Henri V inflige une sévère défaite aux Français lors de la bataille d’Azincourt en 1415. Le traité de Troyes de 1420 déshérite le DAUPHIN Charles que sa mère, Isabeau de Bavière, traite de bâtard. À la mort prématurée d’Henri V en 1422, son fils Henri VI, âgé de quelques mois, prend le titre de roi de France et d’Angleterre. Le Dauphin garde le contrôle des provinces au Sud de la Loire. Les Anglais lui donnent
le surnom de « roi de Bourges ».

Phase 4 :

De 1429 à 1453, les Anglais sont progressivement chassés de France. Jeanne d’Arc et des capitaines énergiques comme Dunois empêchent les Anglais de prendre Orléans et d’envahir les régions contrôlées par le dauphin Charles. Au terme d’une chevauchée victorieuse où se manifeste le sentiment national et la fidélité envers l’héritier Capétien-Valois, Charles VII est sacré à Reims le 17 juillet 1429, acquérant ainsi une légitimité divine. La reconquête, entamée au temps de Jeanne d’Arc, est facilitée par la réconciliation entre le roi et le duc de Bourgogne concrétisée par le traité d’Arras de 1435. En 1453, les Anglais ne contrôlent plus que Calais. La victoire française sur les Anglais permet au domaine royal de s’agrandir, d’autant plus que le Dauphiné et Montpellier avaient déjà intégré le domaine royal au XIVe siècle. La paix n’est signée qu’en 1475 avec le traité de Picquigny, sous les règnes de Louis XI et d’Edouard IV, mais c’est 1453  qui est la date la plus communément admise pour la fin de la guerre de Cent Ans.

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5/ BILAN DE LA GUERRE DE CENT ANS vendredi 7 août 2009 

Cette guerre aura été exceptionnelle par sa durée mais traditionnelle dans ses mobiles, qu’ils soient féodaux ou dynastiques, et dans la manière avec notamment des charges de chevalerie. Sur le plan idéologique, elle aura eu des buts affirmés; la cause est juste. De nombreuses trêves ont limité à un maximum de sept ans la durée des combats continus entre les forces Françaises et Anglaises. Elle verra se développer une forte haine réciproque entre les deux peuples et a favorisé ainsi la naissance d’un sentiment national. Jeanne d’Arc en est la principale illustration.

   Cette guerre aura été coûteuse en vies humaines et éprouvante pour la noblesse française décimée à Crécy, à Poitiers et à Azincourt. La guerre de Cent Ans a eu des conséquences économiques diamétralement opposées pour les deux pays. L’Angleterre a pu développer sa production agricole et industrielle, alors que la France s’est trouvée gravement amputée par les combats livrés sur son sol. Mais alors que son issue a entraîné le regroupement du baronnage anglais contre la monarchie anglaise, regroupement en partie responsable de la guerre des Deux Roses, elle a contribué en revanche à accélérer l’unification institutionnelle du royaume de France, et donc sa marche vers l’absolutisme, sans pour autant faire disparaître les particularismes locaux.

6/ DE LA GUERRE DE CENT ANS AUX GUERRES DE RELIGIONS jeudi 6 août 2009 

Le XVIe siècle est un siècle de transitions. De grands événements vont modifier la vision du monde médiéval : l’humanisme voit le jour, la Réforme détermine l’avenir de la Chrétienté, la conquête du Nouveau Monde modifie les équilibres en Europe. En France, ce siècle commence avec François 1er et par les guerres d’Italie et se termine par les guerres de religion, la fin des Valois, l’avénement des Bourbons et l’assassinat du premier d’entre eux, Henri IV.
Le 12 octobre 1492 Christophe Colomb découvre l’Amérique, Magellan (1480-1521) accomplit le premier tour du monde et Jacques Cartier (1491-1557) arrive au Canada. Ces découvertes sont annonciatrices de la fin du Moyen age. Elles inaugurent l’entrée des peuples Européens dans les temps modernes . Les frontières du monde connu reculent sur terre, mais aussi dans le cosmos puisque Copernic( 1473-1543) démontre que les planètes tournent autour du soleil.
Le XVIe siècle est le siècle de la Renaissance. C’est une période de progrès dans tous les domaines. L’invention de l’imprimerie par Gutenberg vers 1450 permet l’essor du livre et la diffusion de la culture antique et des œuvres modernes.
Par ailleurs l’art de la Renaissance s’inspire de la culture italienne et cherche à revenir aux sources des textes antiques. Au XVIe siècle la France se construit autour du pouvoir royal qui œuvre à unifier la langue française.
La philosophie humaniste apparaît durant cette période. Elle voit la dignité de l’homme dans ses capacités à cultiver la raison pour
comprendre le monde et se comprendre, et s’inspire de l’antiquité et des valeurs chrétiennes telles qu’elles sont exprimées dans l’évangile.

Les guerres de religion (1562-1598) ternissent la fin du siècle. Il sont dus à un conflit entre les tenants de l’ordre établi et les partisans d’une réforme de l’église (les réformés ou Huguenots). Les années d’optimisme qui s’achèvent vers 1559 sont suivies par une période de guerres civiles sanglantes. 

En 1598, Henri IV se déplace à Angers pour préparer un nouvel édit de pacification et soumettre à Nantes, le duc de Mercoeur. Le roi de Navarre obtiendra la paix avec Mercoeur et réglera le problème protestant par l’adoption d’un édit de tolérance, l’Édit de Nantes qui rétablit la paix et garantit la liberté de croyance en france . Il marque la fin du XVIe.

La fin du règne d’Henri IV est marquée par les tensions avec les Habsbourg et la reprise de la guerre contre l’Espagne. Henri IV intervient dans la querelle qui oppose l’empereur de confession catholique aux princes allemands protestants qu’il soutient, dans la succession de Clèves et de Juliers. La fuite du prince de Condé en 1609 à la cour de l’infante Isabelle ravive les tensions entre Paris et Bruxelles. Henri IV estime son armée prête à reprendre le conflit qui s’était arrêté dix ans plus tôt.

Tout en préparant la guerre, on s’apprête au couronnement officiel de la reine à Saint-Denis qui se déroule le 13 mai 1610.

14 mai 1610, Henri IV meurt assassiné par François Ravaillac, un catholique fanatique.

Il est enterré à la basilique Saint-Denis le 1er juillet 1610, à l’issue de plusieurs semaines de cérémonies funèbres. Son fils aîné Louis (Louis XIII), âgé de neuf ans, lui succède, sous la régence de sa mère la reine Marie de Médicis. Louis XIII , roi de France et de Navarre (1610-1643). Il est le fils d’Henri IV et de Marie de Médicis et le père de Louis XIV.

 

7/ LES BOURBONS – LOUIS XIII mercredi 5 août 2009 

1614 La majorité du roi est proclamée (13 ans), mais Marie déclare que Louis est « trop faible de corps et d’esprit » pour assumer les devoirs de sa charge ; elle l’écarte du Conseil et laisse gouverner ses favoris Concino Concini et Léonora Galigaï qui accaparent les plus hautes charges de l’État. La régence de Marie de Médicis se révéla catastrophique. La très mauvaise gestion des affaires de la Reine entraîna de graves troubles dans le royaume et créa chez le petit Roi un très lourd sentiment d’amertume.

21 novembre 1615 à Bordeaux, Marie de Médicis, maria le Roi à Anne d’Autriche, infante d’Espagne. Pour Louis, c’est une humiliation de plus, car, conformément au souvenir de son père, il ne voit en Anne qu’une Espagnole et par conséquent une ennemie. Le Roi, qui n’a que quatorze ans, ne consomma pas son mariage. Il fallut attendre quatre ans pour que le Roi, poussé par le Duc de Luynes, partageât le lit de la Reine, son épouse.

C’est par un coup de force, le 24 avril 1617, que Louis XIII accède au pouvoir en ordonnant l’assassinat du favori de sa mère, Concino Concini. Il exile Marie de Médicis à Blois et prend enfin sa place de Roi. Dans la réalité Louis XIII a remplacé Concini par son propre favori, Charles d’Albert, duc de Luynes. Il est vrai que très rapidement Luynes accumule les titres et les fortunes. Son avancement crée des mécontentements, d’autant que le favori du Roi est un très mauvais homme d’État.

1619, la Reine-Mère s’échappe du château de Blois et lève une armée contre son fils qui choisit de se réconcilier avec elle, lors du Traité d’Angoulême le 30 avril 1619. Il lui cède les villes d’Angers et de Chinon, mais lui interdit de revenir au conseil. En 1620, Marie de Médicis déclenche une guerre civile qui se conclut par sa défaite totale à la bataille des Ponts-de-Cé le 7 avril 1620, où le Roi commande personnellement. Par crainte de voir sa mère poursuivre des complots, le Roi accepte son retour à la cour de France, et se réconcilie avec elle sous l’influence de Richelieu.

Louis XIII de France souhaite aider l’Empereur. Malgré la rivalité des deux familles, ils ont en commun l’idéal monarchique, le désir de conforter le catholicisme contre les protestants et les Turcs, toujours menaçants à l’est. La France offre sa médiation, concrétisée à Ulm en juillet 1620 par une trêve entre catholiques et luthériens : la Bohême calviniste n’est donc pas concernée, et les armées catholiques peuvent l’attaquer librement : Tilly et Bucquoy écrasent les révoltés de Bohême à la bataille de la Montagne Blanche (Bila Hora) près de Prague le 8 novembre 1620.

À peine la paix faite, le Roi se rend à Pau en Navarre, dont il est le souverain, pour y rétablir le culte catholique interdit par les protestants depuis un demi-siècle. Dès lors, il entend mettre fin aux privilèges politiques dont bénéficient les protestants depuis les guerres de religions. De 1620 à 1628 (siège de La Rochelle), il mène une politique de rétablissement de l’autorité militaire de l’État. Il mène une première campagne contre les protestants en 1621 et permet la prise de Saint-Jean-d’Angély, mais il échoue devant Montauban.

À la mort de Philippe III en 1621, son fils Philippe IV, qui n’a que seize ans prend pour conseiller le Comte-Duc d’Olivares, catholique très zélé ; celui-ci, véritable responsable des affaires, est partisan convaincu d’une collaboration étroite avec les Habsbourg d’Autriche.

Finalement un accord est conclu entre les deux parties, le 19 octobre 1622 : Louis XIII signe l’Édit de Montpellier confirmant l’Édit de Nantes. Extension de la liberté d’exercice de culte des Protestants. Diminution du nombre de leur places de sûreté à deux (La Rochelle et Montauban).

Tilly se porte vers les régions rhénanes pendant les années 1621-1622, et les affronte ensemble ou tour à tour au cours de plusieurs batailles (à Wiesloch – victoire protestante, à Wimpfen, à Höchst – victoires de la Ligue alliée aux espagnols de Spinola) sans résultat définitif.

Le corps des mousquetaires de la maison militaire du Roi de France a été créé en 1622 lorsque le Roi Louis XIII dota de mousquets (arme d’infanterie) une compagnie de chevaux-légers de la Garde aussi appelés carabins (cavalerie légère)

Bataille de Stadtlohn le 6 août 1623, Tilly met en déroute complète l’armée de Christian de Brunswic : les forces catholiques contrôlent le sud et l’ouest de l’Allemagne mais ces combats sont accompagnés de destructions, de pillages et d’exactions très importants par les armées en campagne. La France voit avec dépit le déséquilibre qui s’instaure au profit du parti des Habsbourg.

1624, Marie de Médicis parvient à faire entrer le cardinal de Richelieu au conseil du Roi, prélat qui a été le représentant du clergé aux États généraux de 1614 et ministre du gouvernement Concini. La plupart des historiens mettent en évidence l’étroitesse des relations entre Louis XIII et Richelieu qui écrivit : « Je soumets cette pensée comme toutes les autres à votre majesté » pour signifier au Roi qu’il ne tenterait jamais de gouverner à sa place. Le programme politique de Richelieu se décline de plusieurs manières : l’abaissement des grands féodaux, la rationalisation du système administratif et la lutte contre la maison de Habsbourg à l’extérieur.

En 1625, Christian IV de Danemark se décide à intervenir dans le conflit. Ce monarque luthérien, également Duc de Holstein et comme tel, vassal de l’Empereur veut à la fois défendre le luthéranisme et, si possible, étendre ses possessions en Allemagne du Nord. La France, sollicitée, mais en proie à des difficultés intérieures se limite à accorder une aide financière. Les troupes danoises sont commandées par Ernst von Mansfeld. Elles trouvent sur leur route, non seulement les armées de la Sainte Ligue dirigées par Tilly, mais aussi une armée impériale nouvellement levée.

En 1626, la Reine, poussée par la Duchesse de Chevreuse, participe au complot du Comte de Chalais, ayant pour but d’assassiner le Roi. À partir de cette date, le couple vit séparé. À partir du début de l’implication de la France dans la guerre de Trente Ans, Anne d’Autriche tente de renseigner secrètement l’Espagne sur les dispositions militaires et politiques françaises (bien qu’elle soit tenue à l’écart de toutes les décisions du Roi). La trahison est découverte et on parle un moment de divorce et de répudiation, mais l’affaire est finalement étouffée par le Roi lui-même qui est trop pieux pour y penser sérieusement.

Les Danois sont défaits tour à tour par Wallenstein le 25 avril 1626 à Dessau et par Tilly le 27 août à Lutter. Wallenstein va ensuite livrer bataille et vaincre Gabriel Bethlen à Neuhäusel en Hongrie. Puis les armées catholiques, à nouveau réunies, traversent le Holstein, pénètrent au Jutland : pour sauver son royaume, Christian IV est contraint de signer la paix de Lübeck le 12 mai 1629, par laquelle le Danemark s’engage à ne plus intervenir dans les affaires de l’Empire. Débarrassé du danger danois, l’Empereur peut envoyer ses troupes en Italie du nord pour appuyer les Espagnols qui combattent les troupes françaises envoyées par Richelieu dans l’affaire de Mantoue et du Montferrat.

l’Édit de restitution du 6 mars 1629 pris par Ferdinand II exige le retour à l’Église catholique de tous les biens perdus par elle depuis 1552 et Tilly est chargé de la mise en œuvre. Il y gagne auprès des protestants une réputation détestable, largement outrancière car lui-même fait ce qu’il peut pour limiter les exactions de ses troupes.

Promulgation de l’édit de Grâce d’Alès (28 juin 1629), interdisant les assemblées politiques et supprimant les places de sûreté protestantes, mais maintenant la liberté de culte dans tout le royaume sauf à Paris.

Louis XIII doit faire face ensuite à l’hostilité d’une partie de la famille royale à l’égard de Richelieu. La journée des Dupes (10 novembre 1630), pendant laquelle la cour croit le cardinal congédié, à la suite d’une violente altercation entre le Roi et la Reine-Mère, se termine par l’exil de la Reine-Mère à Moulins (le Roi ne la revit plus jamais)

L’attention du roi est, à partir de 1631, obnubilée par la guerre de Trente Ans. Depuis la mort de son père, la guerre contre l’Espagne a été à chaque fois reportée. Le redressement de la France par Richelieu amène l’accroissement des tensions franco-espagnoles. Pendant plusieurs années, les deux pays se contentent d’une guerre froide (passage du pas de Suse et Guerre de Succession de Mantoue).

La diplomatie de la France s’exerce aussi auprès du Roi (luthérien) de Suède Gustave II. La Suède, puissance montante de la Baltique qui vient de vaincre la Pologne, a des vues sur la Poméranie et voit défavorablement la puissance catholique s’installer en Allemagne du Nord. Par le traité de Bärwald le 23 janvier 1631, Gustave Adolphe s’engage à intervenir en Allemagne et la France à lui verser 400 000 écus par an. Les Suédois doivent respecter le culte catholique et l’indépendance de la Bavière. Dès la fin du mois, ils mettent pied en Poméranie et au Mecklembourg. Un traité secret est par ailleurs conclu entre la France et la Bavière pour se garantir mutuellement leurs possessions sur le Rhin.

Tilly se retire vers la Thuringe, ravage la Saxe (qui se rallie alors aux Suédois) et affronte Gustave Adolphe le 17 septembre 1631 à Breitenfeld. L’armée impériale est écrasée. Gustave Adolphe poursuit son avancée vers le sud, combattant à plusieurs reprises l’armée impériale reconstituée. Les pays sillonnés sont dévastés, les Suédois atteignant la Franconie, l’Alsace,la Lorraine et en particulier les Trois-Évêchés, les pays rhénans, se dirigeant vers Munich.

Pendant que Wallenstein chasse les Saxons de Bohême, Tilly affronte une nouvelle fois les Suédois à Rain am Lech le 15 avril 1632 : il y est grièvement blessé et ses troupes sont vaincues. Lui-même, après avoir organisé la défense de Ratisbonne et d’Ingolstadt, meurt dans cette dernière ville.

Wallenstein déloge les Suédois de Nuremberg et les rencontre à la bataille de Lützen le 16 novembre 1632. Gustave Adolphe est tué au cours de l’affrontement, mais les Suédois remportent néanmoins la victoire sous le commandement repris par Bernard de Saxe-Weimar. La mort de Gustave Adolphe va quelque peu désorganiser par la suite le commandement de l’armée.

Wallenstein n’exploite pas l’avantage qu’il aurait pu tirer de la nouvelle situation et commence à travailler pour son propre compte, négociant avec les ennemis de l’Empereur (Suède, France, électeurs de Saxe et de Brandebourg) dans le but de se constituer son propre royaume. Ferdinand II, convaincu de sa trahison, le relève secrètement de ses fonctions et le fait assassiner le 25 février 1634 avec l’aide de certains de ses officiers, notamment Gallas et Piccolomini.

Les catholiques peuvent alors reprendre l’avantage, menés par l’archiduc Ferdinand, (futur Ferdinand III) avec les généraux de Wallenstein (Ottavio Piccolomini et Matthias Gallas) ralliés à l’empereur ; ils battent les protestants à Ratisbonne le 26 juillet 1634 puis, avec l’aide des Espagnols sous le commandement de l’autre Ferdinand (fils de Philippe III d’Espagne, cousin du précédent), le Cardinal-Infant en route vers les Pays-Bas, à Nördlingen le 6 septembre 1634.

L’année 1635 marque un véritable tournant : la France déclare la guerre ouverte à l’Espagne. Désormais, jusqu’à la fin du règne, le Roi est engagé dans une terrible guerre durant laquelle il commande plusieurs fois personnellement (siège de Corbie). Par précaution, les Espagnols occupent Philippsburg, Spire, Landau et enfin Trèves dont l’archevêque Philipp Christoph von Sötern, l’un des Princes-Electeurs, s’est mis sous la protection de la France : Richelieu prend ce prétexte pour déclarer, le 19 mai 1635, la guerre à l’Espagne, adversaire le plus direct des intérêts français. Les armées françaises, fortes de 120 000 hommes, vont intervenir dans quatre grands secteurs. Les combats se portent vers les Pays-Bas où Châtillon et Brézé vainquent les Espagnols à Les Avins, Clavier (40 km au sud-ouest de Liège, 50 km au sud-est de Namur) le 20 mai 1635 avant de se joindre au prince d’Orange Frédéric-Henri. Mais des atermoiements franco-hollandais permettent aux Espagnols de recevoir des renforts et de sauver leurs possessions. C’est à ce même moment qu’est négociée la Paix de Prague entre l’Empereur et plusieurs princes protestants dont l’Electeur de Saxe : les armées impériales commandées par Piccolomini peuvent alors se retourner vers les Pays-Bas. Sur le Rhin, les impériaux commandés par Matthias Gallas, alliés aux troupes de Charles de Lorraine font équilibre aux troupes de la France et de Bernard de Saxe-Weimar. En Italie, l’invasion du Milanais ne peut se faire du fait de l’alliance peu fiable du duc de Savoie et malgré les succès des troupes stationnées en Valteline.

Après quelques années difficiles, l’armée française vient peu à peu à bout de l’armée espagnole.

1640 Philippe III dernier des Habsbourg du Portugal disparait, les habsbourg règnent encore en autriche, Hongrie, Bohème et Espagne.

Des tractations commencent dès 1641 pour ouvrir des négociations de paix, que tous les belligérants commencent à appeler de leurs vœux. Cet espoir ne doit se concrétiser que plusieurs années après, alors que les combats se continuent toujours, malgré la lassitude générale. L’empereur, la Suède et la France s’entendent en 1641 à Hambourg pour mener des négociations de paix alors que les combats se poursuivent. Ces négociations ont lieu en 1642 et 1643 à Osnabrück entre l’empereur, les états impériaux protestants et la Suède, et à Münster entre l’empereur, les états impériaux catholiques et la France. Le fait que l’empereur ne représente pas l’Empire à lui seul est un important symbole de sa défaite. La puissance impériale est de nouveau remise en cause. C’est pourquoi les état impériaux voient leurs droits d’autant plus préservés en n’étant pas seuls face à l’empereur mais en menant les négociations concernant les problèmes constitutionnels sous les yeux des puissances étrangères. La France y montre d’ailleurs toute sa bienveillance puisqu’elle veut absolument réduire le pouvoir des Habsbourg en appuyant fortement la demande de participation des états impériaux aux négociations

Richelieu veut forcer l’Espagne en la menaçant directement. Au printemps, lui-même et Louis XIII bien que tous deux malades partent avec une armée pour conquérir le Roussillon. Richelieu doit s’arrêter mais le Roi engage le siège de Perpignan, qui est prise le 9 septembre 1642.

Au mois de juin 1642 une armée française a battu les deux beaux-frères de Chrétienne de Savoie.

Le 4 décembre 1642 Richelieu meurt. la même année Galillée est condamné par l’inquisition.

Après six semaines de terribles coliques et vomissements, Louis XIII meurt le 14 mai 1643, à 42 ans, d’un mal aujourd’hui identifié comme la maladie de Crohn. Il est toutefois probable que cette maladie chronique ne fit que l’affaiblir et que le coup de grâce lui est donné par son médecin, Bouvard, qui laisse le bilan de trente-quatre saignées, mille deux cents lavements et deux cent cinquante purges pratiquées sur le Roi dans les deux dernières années de sa vie.

8/ LES BOURBONS – LOUIS XIV mardi 4 août 2009 

14 mai 1643 Louis XIV, nommé à sa naissance Louis-Dieudonné et surnommé par la suite le Roi-Soleil ou encore Louis le Grand sacré Roi de France et de Navarre.

Troisième de la maison de Bourbon de la dynastie capétienne. Louis XIV, qui a régné pendant 72 ans, est le chef d’État qui a gouverné la France le plus longtemps. Il est aussi le monarque qui a régné le plus longtemps en Europe. la régence est laissée à Anne d’Autriche qui est flanquée d’un conseil de régence composé entre autres de Mazarin et de Pierre Séguier.

Profitant de ces circonstances, les Espagnols s’avancent en Champagne. Ils y sont sévèrement défaits par les Français sous les ordres de Louis de Bourbon, Duc d’Enghien, âgé de 22 ans, celui qu’on appellera plus tard « le grand Condé » à la célèbre bataille de Rocroi le 18 mai 1643.

Les principaux événements de 1645 se déroulent en Allemagne

Mazarin, n’appréciant guère les turbulents mousquetaires du Roi, fit dissoudre leur compagnie en 1646

Les campagnes de 1646, 1647 voient à nouveau des opérations tour à tour favorables à chacun des camps, en Italie du nord, dans les Pays-Bas.

La dernière grande bataille de la guerre de 30 ans est celle de Lens (19 août 1648) : Condé y défait si sévèrement les Espagnols qu’elle détermine la signature de la paix dont les négociations durent depuis cinq ans.

Louis XIV accède au trône quelques mois avant son cinquième anniversaire, mais, après une minorité très marquée par la révolte de la Fronde (1648-1652), il n’assume personnellement le contrôle du gouvernement qu’à partir de la mort de son Premier ministre, le Cardinal Mazarin, en 1661. Il ne prit jamais plus de Premier ministre par la suite, et accentua encore son rôle direct dans l’État après la mort de ses puissants ministres Colbert (1683) et Louvois (1691). Son règne marqua l’apogée de la construction séculaire d’un absolutisme royal de droit divin. Louis XIV vit son autorité absolue bénéficier de la fin historique des grandes révoltes nobiliaires, parlementaires, protestantes et paysannes, qui marquaient la vie du royaume depuis plus d’un siècle.

A la mort de Mazarin, en 1661, la Marine royale, ses ports et ses arsenaux sont en piteux état. Seule une dizaine de vaisseaux de ligne est en état de fonctionnement correct. À la même période, la marine anglaise comptait 157 vaisseaux (dont la moitié sont des vaisseaux importants, embarquant de 30 à 100 canons), soit un rapport de 1 à 8 avec la Marine française. Les flottes de la république des Provinces-Unies en comportent 84.

À la mort de Mazarin en 1661, la compagnie des mousquetaires du cardinal passa au Roi Louis XIV.

Jean-Baptiste Colbert (29 août 1619, Reims – 6 septembre 1683, Paris) entre, à la mort de son protecteur Mazarin, au service du Roi de France Louis XIV. Dénonçant ses pratiques aux finances, il contribue à la disgrâce de Fouquet et prend sa place. Remarquable gestionnaire, il développe le commerce et l’industrie par d’importantes interventions de l’État. Son nom reste attaché à une telle politique : le colbertisme.

Contrairement à une idée très répandue, Louis XIV s’intéressa personnellement et contribua avec Colbert à l’essor de la marine de guerre française. Dès 1662, il crée le corps des galères (que gouteront plus tard les huguenots!!), qui a l’avantage de constituer une flotte à la fois militaire et commerciale. Il préside une fois par semaine le conseil de la Marine et suit avec le plus grand soin les détails de la mobilisation des ressources, fixant chaque année l’ampleur des armements, nommant en personne tous les officiers de vaisseau ou encore choisissant le nom de chaque vaisseau fabriqué.

Louis XIV a accru le territoire de la France et sa puissance en Europe. Il mène la diplomatie et la guerre à son gré en combattant durant plusieurs séries de guerres européennes. Il fait fortifier les villes conquises par Vauban et entoure ainsi les nouvelles frontières de leur « ceinture de fer ».

la compagnie des mousquetaires fut réorganisée sur le modèle de la première compagnie en 1664 et reçut le surnom de « mousquetaires gris » dû à la robe de ses chevaux, alors que la deuxième compagnie fut appelée « mousquetaires noirs ».

1665, Louis XIV crée la Compagnie française des Indes orientales basée initialement à Madagascar. La même année, Colbert rachète la Guadeloupe à Charles Houel du Petit Pré, ancien directeur de la Compagnie des îles d’Amérique, et l’île de la Martinique à Jacques Dyel Duparquet. Tous ces territoires sont confiés en gestion à la Compagnie des Indes qui fit faillite en 1674, date à laquelle ces territoires sont rattachés au domaine royal.

Le dernier Habsbourg d’Espagne Charles II 1665-1700, les Habsbourg ne règnent plus qu’en Autriche, Hongrie et Bohème.

1667 à 1668, la guerre de Dévolution ;

1672 à 1678, la guerre de Hollande qui se conclut par le fameux traité de Nimègue ;

1677, sur ordre du Roi, l’amiral d’Estrées reprend la Guyane française aux Hollandais.

 

Particulièrement hostile au protestantisme, Louis XIV met en place une politique de persécution

1681, Louis XIV envoie les Dragonnades forcer les familles protestantes à se convertir.

1682, La Salle fonde à l’embouchure du Mississippi une nouvelle colonie française qui est nommée Louisiane (Nouvelle-France) en l’honneur du Roi Louis.

L’empereur s’oppose à la politique des Réunions de Louis XIV et tente d’amener les cercles et les états impériaux à résister aux annexions françaises. Il parvient grâce à la combinaison de différents instruments à lier de nouveau les états impériaux les plus petits et les plus grands à l’Empire et à sa constitution. En 1682, l’Empereur s’allie à différents cercles comme celui de Franconie et du Haut-Rhin au sein de la Ligue d’Augsbourg pour protéger l’Empire.

1683 Autriche Venise Pologne et Russie s’allient contre les Ottomans

L’objectif fixé par Colbert était d’atteindre une flotte de 120 vaisseaux dont 72 d’au moins 50 canons. À sa mort en 1683, la Royale comptait 117 vaisseaux, 1 200 officiers et 53 000 matelots. De 1661 à la mort de Louis XIV en 1715, 381 vaisseaux et frégates furent construits.

Sous le règne de Louis XIV, la France acquiert une prééminence européenne non seulement politique et militaire mais aussi culturelle grâce à la présence de figures intellectuelles protégées par le mécénat royal, telles que Molière, Racine, Boileau, Lully, Le Brun et Le Nôtre. D’autres, plus indépendants, tels le poète La Fontaine, le philosophe Blaise Pascal, l’épistolaire Madame de Sévigné, le moraliste La Bruyère ou le mémorialiste Saint-Simon font également du règne l’apogée historique du classicisme français. Ces performances culturelles contribuent au prestige de la France, de son peuple, de son langage parlé par les élites et dans toutes les cours d’Europe, et bien sûr de son Roi. Il est dès son vivant parlé du « siècle de Louis XIV », sur le modèle des siècles de Périclès et d’Auguste, ou encore du « Grand Siècle ».L’une des grandes œuvres du Roi a aussi été la mise en place d’un État centralisé et absolutiste. Il le dirige après 1682 depuis le vaste château de Versailles, dont il a ordonné la construction. Ce dernier, modèle architectural de nombreux palais européens par la suite, est le cadre d’une étiquette très élaborée à laquelle il soumet la noblesse de cour, qu’il tient étroitement en main auprès de lui. Louis XIV réduisit aussi le rôle des Parlements, réprima les ultimes révoltes antifiscales paysannes, entretint un très long bras de fer avec les jansénistes.

mars 1685, Louis XIV promulgue le « Code noir », expulsant les Juifs des Antilles et autorisant le plein usage des esclaves dans les colonies. Ses détracteurs y voient une institutionnalisation de l’esclavage. Il était plutôt conçu comme une limitation des sévices et permettait de donner un statut aux esclaves. Avant son établissement, les esclaves étaient considérés comme un bien matériel, au même titre qu’une chaise. Avec ce code, il leur est reconnu un droit à la propriété, limité mais existant, un droit à la retraite et une obligation de bon traitement pour les propriétaires ainsi que l’obligation de bien les nourrir. Ce code, bien que mal appliqué du fait de la pression des colons sur la justice, aura eu le mérite d’avoir voulu accorder un cadre à la traite des Noirs de l’époque.

 

Octobre 1685, l’Edit de Fontainebleau révoque l’Edit ed Nantes. On appelle cette période : le Désert, elle durera de 1685 à 1787. Les protestants déjà très réduit en nombre depuis un siècle, sont obligés de se convertir ou de s’exiler.

Le Siècle des Lumières (1688 -1800)

1688 à 1697, la guerre de la ligue d’Augsbourg (également appelée guerre de Neuf Ans) ;

1693 une famine meurtrière s’abat sur le royaume de France.

1697, le Traité de Ryswick attribue la moitié ouest de l’île de Saint-Domingue, (aujourd’hui Haïti) à la France.

 

1699 traité de Karlowitz.Fin de la Deuxième guerre austro-turque. Après un congrès de 2 mois entre l’Empire Ottoman d’une part et la Sainte-Ligue (coalition de diverses puissances européennes parmi lesquelles l’Autriche habsbourgeoise, l’Union de Pologne-Lituanie, la république de Venise et l’Empire russe) d’autre part, un traité est signé le 26 janvier 1699. Les Ottomans cèdent la majorité de la Hongrie, la Transylvanie et la Slavonie à l’Autriche, la Podolie à la Pologne. La majorité de la Dalmatie revient à Venise, ainsi que la Morée (la péninsule du Péloponnèse). Le traité de Karlowitz marque le début du déclin de l’Empire ottoman en Europe orientale et fait de la monarchie habsbourgeoise la puissance dominante dans le sud-est de l’Europe.

1701 à 1713, la guerre de Succession d’Espagne.

Ces guerres extérieures agrandissent considérablement le territoire français. Sous le règne de Louis XIV, la France conquiert la Haute-Alsace, Metz, Toul, Verdun , le Roussillon, l’Artois, la Flandre française, Cambrai, la Franche-Comté, la Sarre, le Hainaut et la Basse-Alsace. Ces acquisitions consacrent l’hégémonie française en Europe et ceux qui, comme le Doge de Gênes, se risquent à défier le Roi, ne tardent pas à en payer les conséquences. Cependant, l’état de guerre permanent mène l’État au bord de la banqueroute, le forçant à lever de lourds impôts sur le peuple, mais aussi sur la noblesse (impôts de la Capitation, du Dixième). Même la famille royale doit payer des impôts.

 

1702 1704 Les Cévennes vont être le théâtre de la Guerre des Camisards. Révolte armée pour tenter de retrouver la liberté de culte, elle opposera quelque 3.000 protestants, les Camisards, à environ 30.000 soldats, sans réussir à fléchir l’intolérance et la répression.

1709 une nouvelle famine meurtrière s’abat sur le royaume de France.

Le souverain, âgé de 63 ans, pose en costume d’apparat il porte un manteau brodé de fleurs de lys et au côté l’épée de Charlemagne dite « Joyeuse » toujours conservée au Département des objets d’art.

Des problèmes de succession et la santé dégradée du Roi assombrissent la fin de son règne. En 1711, son fils Louis de France (le Grand Dauphin) meurt de la variole à 49 ans. L’année suivante, son petit-fils (et premier fils du Grand Dauphin), le Duc de Bourgogne (29 ans), devenu à son tour dauphin, et le deuxième fils de celui-ci (5 ans) meurent lors d’une épidémie de rougeole. Ayant déjà perdu son fils aîné en 1705, à sa mort, en 1712, le seul de ses enfants à survivre est son troisième et dernier fils, un petit garçon de deux ans, le futur Louis XV (arrière-petit-fils donc de Louis XIV)

Le 14 avril 1711, Louis XV perdit donc son grand-père, le Grand Dauphin, puis, en février 1712, ses parents. Leur fils aîné n’avait vécu que quelques mois entre 1703 et 1704 et en mars de la même année 1712, les deux enfants survivants du couple défunt contractèrent la même maladie (une forme de rougeole). Les médecins s’acharnèrent sur le frère aîné, prénommé également Louis, anciennement titré Duc de Bretagne, nouvel héritier du trône, qui mourut le 8 mars à l’âge de cinq ans. À la mort de son frère, le jeune Duc d’Anjou devint le nouveau dauphin. L’enfant de deux ans survécut à l’hécatombe qui avait anéanti sa famille grâce au dévouement de sa gouvernante, Mme de Ventadour, qui décida de le soigner elle-même, l’arrachant aux médecins et refusant énergiquement qu’on le saignât. Rescapé d’une famille décimée, Louis trouva en Mme de Ventadour sa seule source d’affection, l’appelant « Maman Ventadour », voire « Maman » tout court.

Gardant un œil attentif sur l’éducation du jeune prince, Mme de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, choisissait maîtres et instituteurs. En février 1715, le jeune dauphin participa à sa première cérémonie : la réception d’un ambassadeur de Perse à Versailles. À cinq ans, on le jugeait bel enfant, doué d’une intelligence vive et d’une bonne mémoire, gai et farceur. Il était particulièrement attiré par l’histoire et la géographie.

Le 1er septembre 1715, Louis XIV mourut, non sans lui avoir donné ses derniers avis, principalement contre la guerre, « la ruine des peuples ». L’ancien Duc d’Anjou se retrouva Roi à cinq ans, sous le nom de Louis XV. Le lendemain, le duc Philippe d’Orléans, neveu du feu Roi, fut nommé régent. Petit-fils de Louis XIII, il est duc de Chartres, duc d’Orléans (1701), Duc de Valois, Duc de Nemours et Duc de Montpensier, régent du royaume de France pendant la minorité de Louis XV, il est appelé le Régent.

9/ LES BOURBONS – LOUIS XV lundi 3 août 2009 

Le 25 octobre 1722,Louis XV fut couronné et sacré à Reims. Quelques mois plus tard, il atteignit ses treize ans et fut déclaré majeur lors du lit de justice du 22 février 1723. C’est la fin de la Régence, mais le Duc d’Orléans resta le plus important personnage du royaume après le Roi.

De 1726 jusqu’à sa mort en 1743, le cardinal de Fleury dirigea la France avec l’accord du Roi. C’est la période la plus pacifique et prospère du règne de Louis XV, malgré quelques troubles avec le parlement de Paris et les jansénistes.

En 1733, malgré la politique pacifiste de Fleury, le Roi, convaincu par son secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Germain Louis Chauvelin (1727-1737), intervint finalement dans la guerre de Succession de Pologne pour tenter de remettre son beau-père Stanislas Leszczynski sur le trône de Pologne. L’intervention sans conviction de la France contre l’Autriche ne permit pas de renverser le cours de la guerre et Stanislas ne retrouva pas son trône.

Au cours du XVIIIe siècle, avec la philosophie des Lumières en France, en Allemagne et en Angleterre, l’analyse critique des textes sera une arme du rationalisme contre le dogmatisme religieux. Elle pointe d’une part les contradictions et les invraisemblances, rejetant la vérité éternelle des évangiles, et d’autre part les écarts entre le Jésus des évangiles et le Christ des dogmes. Ces dogmes sont combattus par les athées, et par les déistes qui voient en eux des obstacles à la religion naturelle.

A Florence, le règne du dernier Médicis Grand-Duc de Toscane, Gian Gastone, se passa plutôt dans la tranquillité et fut bénéfique pour la Toscane. Il chassa les religieux des organes publics, instaura une justice plus rationnelle et sut choisir de bons ministres pour gouverner à sa place. Bien qu’il ait d’abord accepté comme successeur son lointain cousin le jeune infant Charles d’Espagne en 1731,la question de la succession au duché est fixée définitivement par les grandes puissances en 1736 : le duché passera dans les mains de la Maison de Habsbourg par le biais du duc François III de Lorraine, futur époux de la fille et héritière de l’empereur Charles VI, Marie-Thérère d’Autriche. Celui-ci s’installe à Florence en 1737 à la mort de Gian Gastone.

 

La médiation française dans le conflit entre le Saint-Empire et l’Empire Ottoman aboutit au traité de Belgrade (septembre 1739), qui mit fin à la guerre avec un avantage pour les Ottomans, alliés traditionnels des Français contre les Habsbourgs depuis le début du XVIe siècle. En conséquence, l’Empire ottoman renouvela les capitulations françaises, qui affirmèrent la suprématie commerciale du royaume au Moyen-Orient. Après tous ces succès, le prestige de Louis XV, arbitre de l’Europe, atteignit son sommet.

En 1740, la mort de l’empereur Charles VI et l’avènement de sa fille Marie Thérèse déclencha la guerre de Succession d’Autriche.

 

À partir de 1740, les deux plus grands complexes territoriaux de l’Empire à savoir les possessions héréditaires des Habsbourg et le Brandebourg-Prusse se détachent de plus en plus de l’Empire. Après sa victoire sur les Turcs, l’Autriche conquiert de grands territoires en dehors de l’Empire, ce qui a automatiquement repoussé le centre de la politique habsbourgeoise vers le sud-est, ce qui sera surtout visible sous le règne des successeurs de Léopold Ier. Il en va de même pour le Brandebourg-Prusse dont une grande partie du territoire se trouve en dehors de l’Empire. En plus de la rivalité croissante, il existe cependant des changements de pensée.

Le vieux cardinal de Fleury n’avait plus la force de s’y opposer et le Roi succomba à la pression du parti antiautrichien de la cour : il entra en guerre en 1741 en s’alliant à la Prusse. Ce conflit devait durer sept longues années.

La rivalité que l’on appelle dualisme austro-prussien donne lieu à plusieurs guerres. La Prusse remporte les deux Guerres de Silésie et obtient la Silésie tandis que la Guerre de Succession d’Autriche s’achève en faveur de l’Autriche. C’est Charles VII, membre de la famille des Wittelsbach, qui avec l’appui de la France monte sur le trône après cette guerre de succession en 1742. Toutefois, ce dernier ne parvient pas à s’imposer et à sa mort en 1745, les Habsbourg-Lorraine montent de nouveau sur le trône en la personne de François Ier, l’époux de Marie-Thérèse.

 

Ces conflits comme la Guerre de Sept ans sont désastreux pour l’Empire. Les Habsbourg, contrariés par l’alliance de nombreux états impériaux avec la Prusse et par l’élection d’un empereur n’étant pas un Habsbourg, misent encore plus qu’avant sur une politique concentrée sur l’Autriche et sa puissance. Les institutions de l’Empire sont devenues les scènes secondaires de la politique de puissance et la constitution de l’Empire est loin d’être en phase avec la réalité. À travers l’instrumentalisation de la Diète d’Empire, la Prusse essaie d’atteindre l’Empire et l’Autriche. L’empereur Joseph II se retire alors presque entièrement de la politique impériale.

Un an après la mort de Fleury, se produisit un événement qui allait marquer la personnalité du Roi et la suite de la vie politique française: « L’épisode de Metz ». Louis XV était parti diriger ses armées engagées sur le front de l’est dans la guerre de succession autrichienne. En août 1744, à Metz, il tomba gravement malade et ses médecins pronostiquèrent une mort imminente. Les prières se multiplièrent à travers le pays pour son salut. Sa maîtresse, Madame de Châteauroux, qui l’avait accompagné, dut le quitter tandis que la Reine arrivait en hâte.Le Roi échappa à la mort et, à la suite de la messe d’Action de Grâce célébrée en l’église Notre-Dame de Metz en présence de la famille royale, le pays tout entier reprit les qualificatifs du célébrant et appela le Roi « Louis le Bien-Aimé ».

Jeanne Lenormant d’Etiolles (Marquise de Pompadour), rencontrée en 1745 lors du bal masqué donné à l’occasion du mariage du dauphin Louis-Ferdinand, devint la favorite la plus célèbre du règne. Le Roi, pour pouvoir lui permettre d’être présentée à la cour et de devenir dame d’honneur de la Reine, lui attribua une terre limousine tombée en déshérence : le marquisat de Pompadour. Le fait que le roi se commette avec une roturière provoqua un scandale orchestré par l’aristocratie, qui se sentait humiliée de l’influence grandissante de la bourgeoisie dans la société, et reprise par le peuple qui haïssait le monde de la finance qui l’exploitait… Parurent bientôt des chansons et des pamphlets injurieux appelés « Poissonades» (par allusion aux « Mazarinades » du siècle précédent, le nom de jeune fille de la Marquise étant Poisson), qui la brocardaient comme dans l’exemple suivant : « Fille de sangsue et sangsue elle-même Poisson d’une arrogance extrême Etale en ce château sans crainte et sans effroi La substance du peuple et la honte du Roi».

On peut considérer que 1748 fut marquée par la première manifestation d’une opinion publique française, portée par un nationalisme émergeant que le monarque n’avait pas compris. La présence aux côtés du Roi de la Marquise de Pompadour, fortement décriée par l’aristocratie curiale qui n’hésitait pas à faire courir les bruits les plus ignobles qui, sortant du palais, atteignaient le peuple, donnait du Roi l’image d’un jouisseur égoïste uniquement préoccupé de ses plaisirs. Après cette année, sa popularité ne cessa de décroître.

1748 « De l’esprit des lois » dans lequel Montesquieu développe sa réflexion sur la répartition des fonctions de l’État entre ses différentes composantes, appelée postérieurement « principe de séparation des pouvoirs ». Montesquieu, avec entre autres John Locke, est l’un des penseurs de l’organisation politique et sociale sur lesquels les sociétés modernes s’appuient. Son œuvre, qui inspira les auteurs de la Constitution de 1791, mais également des constitutions suivantes, est à l’origine du principe de distinction des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, base de toute démocratie. Il est aussi considéré comme l’un des pères de la sociologie, notamment par Raymond Aron. Cependant, malgré l’immensité de son apport à la théorie moderne de la démocratie parlementaire et du libéralisme, il est nécessaire de replacer un certain nombre de ses idées dans le contexte de son œuvre, De l’esprit des lois

Quelques mois plus tard, le 16 janvier 1756, le Royaume-Uni et la Prusse signèrent un traité de « neutralité ». À Paris et Versailles, le parti philosophique et la marquise de Pompadour furent déçus de cette trahison du roi Frédéric II de Prusse, qui était auparavant considéré comme un souverain éclairé, ami des philosophes. Frédéric II avait même accueilli Voltaire à Potsdam quand ce dernier s’était retrouvé en disgrâce suite aux manœuvres du parti dévot. Mais Frédéric II était surtout animé par des motifs politiques dans le but de consolider la puissance prussienne. Il avait déjà abandonné ses alliés français en signant des traités séparés avec l’Autriche en 1742 et 1745. La Prusse apparaissait maintenant comme la puissance émergente la plus menaçante. C’est dans ce contexte que la Marquise de Pompadour et le parti philosophique convainquirent le Roi de l’intérêt de ce retournement d’alliances.

Par le traité de Versailles signé le 1er avril 1756, le Roi, contre l’avis de ses ministres, s’allia avec l’Autriche en mettant fin à deux siècles de conflit avec les Habsbourg.

Les années 1760 furent également marquées par des deuils : En 1752, le Roi avait déjà perdu sa fille préférée Henriette. En 1759, mourut son aînée, la Duchesse de Parme. En 1761, la mort du Duc de Bourgogne, âgé de dix ans, fils aîné du dauphin, enfant précoce et prometteur, fut vivement ressentie. En 1763 mourut à Schönbrunn l’intelligente et romanesque petite-fille du Roi, épouse de l’Archiduc héritier d’Autriche, Marie-Isabelle de Bourbon-Parme. En 1765, le Roi perdit successivement son fils dont la vie morale irréprochable l’édifiait et son gendre le Duc de Parme. En février 1766, le vieux Roi Stanislas mourait presque nonagénaire à Lunéville.

L’annexion de la Lorraine et du Barrois par la France, effective en 1766 à la mort de Stanislas, constitue la dernière expansion territoriale du royaume de France sur le continent avant la Révolution.

L’année suivante, ce fut le tour de la dauphine, veuve inconsolable qui avait contracté la maladie de son mari en le soignant. Enfin, en juin 1768, mourut la Reine. Toujours culpabilisé par sa vie intime, le Roi ne vit pas sans tristesse la plus jeune de ses filles entrer en 1770 au Carmel pensant par là obtenir de Dieu le pardon des fautes de son père.

Le 26 avril 1774, se déclarèrent les symptômes de la petite vérole, alors que Louis XV était au Petit Trianon.

Il mourut de ces suites (septicémie aggravée de complications pulmonaires) le 10 mai 1774, à 15 heures 30, à Versailles, dans l’indifférence du peuple et la réjouissance d’une partie de la cour. Il laissa le trône à son petit-fils, le futur Louis XVI.

LA FRANCE EST MALADE dimanche 19 juillet 2009 

La France est malade, qui oserait le nier !

La France est malade de sa seule capacité à réagir dans l’instantanéité sans se donner le temps de la réflexion et de la sagesse.

La France est malade de son modèle démocratique qui donne la parole à toutes les contestations. Bien heureux celui qui est « contre tout ce qui est pour » ou celui qui est « pour tout ce qui est contre » car il aura la parole.

La France est malade de ses grands principes de générosité mis en œuvre dans l’urgence du moment et qui s’enflamment, brulent et s’éteignent comme des feux de paille sans rien apporter de durable aux vrais nécessiteux mais n’échappent pas aux profiteurs.

La France est malade de ce que j’appelle la « dictature de l’émotion ». L’événement commande la pensée  dirigée par la presse et l’exploitation de l’émotion populaire fait le reste. La France a besoins d’une presse libre mais pas d’une presse qui génère du sensationnel à des fins mercantiles.

La France est malade des modèles et des modes qu’elle veut suivre pour avoir l’air d’être à la page.

La France est malade d’un système éducatif issu des dogmes du XIXème siècle, immuable à cause de l’immobilisme des indécrottables soi-disant « progressistes ».

La France est malade d’être dirigée par des opportunistes et des carriéristes politiques de quelques bords qu’ils soient.

La France est malade de ses politiciens, de droite comme de gauche, et qui, armés des vieilles lunes de leurs courants politiques attribuent systématiquement tous les problèmes au gouvernement précédent.

La France est malade d’un manque d’imagination. Elle est enfermée dans ses dogmes générés par les dignes successeurs de nos révolutionnaires de 1789, seuls autorisés, par une soi-disant morale autoproclamée, à s’occuper de la chose publique, et elle n’a jamais pu s’en extraire.

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